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Le dernier film d’Alain Resnais : c’est long et pourtant ça marche

« Vous n’avez encore rien vu » n’est pas un film. C’est du théâtre dans le théâtre, c’est du Pirandello revisité avec une sorte de patine à la Ionesco. La trame de fond est simple : celle d’Orphée et Eurydice s’aimant et se déchirant. L’idée de l’ami fidèle qui réunit ses comédiens par-delà sa mort rappelle les liens indéfectibles qui se créent entre acteurs d’une même troupe. Et pourtant, ils sont chacun assis sur un canapé noir, tellement loin les uns des autres. Le couple Wilson/Cosigny marche plutôt très bien, Arditi/Azema également – même si cette dernière a tendance à pleurnicher un peu trop fort par moments. Mais le vrai intérêt de ce film, la vraie révélation (qu’on ne révèle plus d’ailleurs), c’est Matthieu Amalric et son apparition de la mort.
La voix est là, calme, posée, immuable. « Ce n’est pas la mort qui abîme, c’est la vie. La mort délivre. » Il incarne l’ankou avec fermeté, conviction et un regard d’une noirceur engageante.

Non, vraiment, sans ce Monsieur Henri omniprésent, trainant dans le palais dans son grand impéméable beige à l’affût de la dernière trace de vie, l’Eurydice de Resnais ne serait pas aussi saisissant de vérité – et de cruauté.

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